Pont naturel entre l’Asie continentale et l’archipel indonésien, isthme entre le golfe du Bengale et la mer de Chine méridionale, la péninsule malaise a joué à plusieurs reprises un rôle important de carrefour. Ce n’est toutefois qu’à partir du XVe siècle, avec l’essor de Malaka comme grand centre commercial, que son histoire se précise. Longtemps tournée vers les îles voisines, surtout vers Sumatra dont elle partage, dans une large mesure, la culture et la langue (le malais), elle en a été séparée, vers la fin du XVIIIe siècle, par le fait colonial et la formation d’une «Malaisie britannique», distincte des «Indes néerlandaises». C’est ce même fait colonial qui explique qu’elle se trouve à présent politiquement reliée aux anciennes possessions anglaises de Sarawak et de Nord-Bornéo.
En dépit de sa situation, à proximité d’une des routes maritimes les plus anciennes, la Malaisie, plus qu’à moitié couverte de forêts, apparaît avant tout comme un pays encore jeune.
La Malaisie, née le 16 septembre 1963, est une fédération composée de deux ensembles géographiquement distincts: d’une part la Malaisie occidentale, rassemblant les onze anciens États de la fédération de Malaisie (créée en 1948), d’autre part la Malaisie orientale, formée du Sarawak et du Sabah (anc. Nord-Bornéo), tous pays d’ancienne domination britannique.
Brunei, situé entre Sarawak et Sabah, longtemps resté protectorat anglais, est indépendant depuis 1984.
La Malaisie (il vaudrait mieux dire Malaysia) est présidée par un roi «tournant» élu pour cinq ans parmi les neuf «sultans» traditionnels (Penang, Malacca, Sarawak et Sabah ne votent pas). La réalité du pouvoir est exercée par le Premier ministre, responsable devant une Chambre des représentants élue. Chacun des treize États (11 + 2) a, par ailleurs, son parlement et son gouvernement. Le malais est langue officielle et l’islam religion nationale . Le Sabah a élu un gouvernement chrétien (catholique).